Comme je l’avais mentionné en préambule de la traduction française de l’Atlas Fonctionnel du Système Fascial Humain publié en 2020, les terminologies anatomiques sont nombreuses et peuvent induire chez le lecteur des confusions dans sa compréhension des descriptions et plus largement des travaux scientifiques. Cet article a pour objectif, après une concertation entre chercheurs et plus largement auprès de cliniciens concernés par les travaux sur le système fascial à partir d’un forum en ligne intitulé « A Public Forum on a Proposed Fascial System Definition », organisé par la Fascia Research Society, d’établir une définition et une nomenclature commune propre à ce champ de recherche. Ce travail essentiel expose les résultats de ces échanges en proposant un consensus terminologique destiné à faciliter la communication non seulement entre chercheurs de langues et de disciplines diverses mais également avec l’ensemble des praticiens quelque soit leur domaine d’expertise.
Nous vous souhaitons bonne lecture !
Traduction et reproduction avec l’aimable accord de la Pr Carla Stecco.
Vers une définition complète du système fascial humain
Carla Stecco1, Rébecca Pratt2, Laurice D. Nemetz3, Robert Schleip4,5,6, Antonio Stecco7, Neil D. Theise8
1 Department of Neuroscience, University of Padova, Padova, Italy
2 Department of Foundational Medical Studies, Oakland University William Beaumont School of Medicine, Rochester, Michigan, USA
3 College of Health Professions, Pace University, Pleasantville, New York, USA
4 Department of Sport and Health Sciences, Technical University of Munich, Munich, Germany
5 Department for Medical Professions, Diploma University of Applied Sciences, Bad Sooden-Allendorf, Germany
6 Fascia Research Group, Experimental Anesthesiology, Ulm University, Ulm, Germany
7 Department of Rehabilitation Medicine, Rusk Institute, NYU Grossman School of Medicine, New York, New York, USA
8 Department of Pathology, New York University Grossman School of Medicine, New York, New York, USA
Correspondance
Neil D. Theise, Department of Pathology, New York University Grossman School of Medicine, New York, USA.
Email: neil.theise@nyulangone.org
https://doi.org/10.1111/joa.14212.
Article publié initialement en le 15 janvier 2025 dans le Journal of Anatomy. 2025;246:1084–1098. sur le site : https://onlinelibrary.wiley.com/journal/14697580
Résumé
L’absence d’un consensus clair sur la définition et la signification du fascia et l’utilisation indiscriminée du terme dans la littérature clinique et scientifique ont conduit au scepticisme quant à son importance dans le corps humain. Pour relever ce défi, nous proposons que :
(1) les fascias et les interstitiums fasciaux qu’ils contiennent constituent un système anatomique, défini comme un réseau multi-échelle de tissu conjonctif à l’échelle du corps en couches qui permet la mobilité de charge tensionnelle et de cisaillement le long de ses interfaces ;
(2) le système fascial comprend quatre organes anatomiques : le fascia superficiel, le fascia musculo-squelettique (profond), le fascia viscéral et le fascia neural ;
(3) ces organes sont en outre composés de structures anatomiques, dont certaines sont éponymes ;
(4) tous ces organes fasciaux et leurs composants structurels contiennent des combinaisons et des arrangements variables des quatre tissus classiquement définis : épithélial, conjonctif, musculaire et neural ;
(5) les fonctions globales du système fascial découlent des propriétés biomécaniques contrastées des deux types de couches de base réparties dans tout le système : l’une principalement collagène et relativement rigide, l’autre riche en acide hyaluronique et visqueuse, permettant la libre circulation du fluide ;
(6) l’organisation topographique de ces couches selon les régions est liée aux variations locales de fonction (par exemple, les arrangements unidirectionnels favorisent les contraintes en traction tandis que les structures entrelacées favorisent la mobilité par cisaillement), ce qui explique à la fois les aspects fonctionnels universels du système et les variations locales spécifiques à la fonction de chaque organe.
Un langage universel lié au fascia brisera les barrières linguistiques et facilitera la coopération interdisciplinaire, permettant aux scientifiques et aux praticiens d’horizons divers d’apporter leur expertise de manière transparente.
Mots clés
Collagène, tissu cojonctif, matrice extracellulaire, fascia, interstitium fascial, système fascial, substance fondamentale, interstitium
1 | INTRODUCTION
La terminologie médicale, notamment dans le domaine de l’anatomie, est riche en complexités et en variations. De nombreux systèmes de dénomination se sont développés au fil des siècles, sous l’influence de facteurs culturels, historiques et régionaux. Il en résulte un paysage rempli de synonymes, d’homonymes, d’éponymes et de noms différents pour désigner les mêmes structures anatomiques. Ce chaos linguistique pose des défis considérables aux professionnels de santé du monde entier. Imaginez une équipe internationale de chercheurs tentant de collaborer sur un projet, chacun de ses membres utilisant une nomenclature anatomique différente. Un tel scénario entrave le progrès et favorise les malentendus.
Au cours des dernières décennies, l’intérêt de la recherche pour le fascia humain a connu un essor soutenu, accompagné d’une meilleure appréciation de la complexité du sujet. Toutefois, on a également constaté qu’il existe actuellement un manque de clarté dans la terminologie relative au « fascia », avec un usage incohérent des termes anatomiques. Ces incohérences rendent difficile la comparaison des résultats entre les études et empêchent, en retour, l’élaboration de conclusions généralisables. Il en résulte un large désaccord entre anatomistes, cliniciens et chercheurs biomédicaux concernant la morphologie, les fonctions et la physiologie du fascia humain. Ce manque de consensus entrave en outre l’intégration des résultats scientifiques dans la pratique clinique et freine le progrès thérapeutique. Le moment est donc venu de réexaminer les définitions du fascia, ce qui devrait faciliter une meilleure communication et diffusion de ces programmes de recherche en développement.
Dans un article récent publié par Scarr et al. (2024), cette nécessité est clairement établie. Nous devons nous attaquer aux contraintes d’un alphabet anatomique obsolète, vieux de 800 ans. L’argument est solide et convaincant. Nos progrès en matière de technologie médicale, de connaissances et de traitements sont tenus captifs par un vocabulaire médical archaïque et par des conceptions dépassées des systèmes du corps. L’approche réductionniste de l’anatomie a privé la discipline de l’un des systèmes les plus omniprésents du corps : le système fascial.
Par exemple, écrire sur les effets d’un nouveau traitement sur « le cœur », sans préciser quelle structure ou quelle fonction (p. ex. la fraction d’éjection) est décrite, limite notre compréhension et entrave considérablement le développement ultérieur de ce traitement. L’approche réductionniste de l’anatomie n’est pas confinée à l’enseignement de l’anatomie macroscopique : la dissociation a profondément imprégné toutes les disciplines qui rencontrent le fascia : soins allopathiques et ostéopathiques, physiothérapie, massothérapie et médecine dentaire, pour n’en citer que quelques-unes. Par conséquent, nous devons pouvoir préciser de quelle structure, de quel plan ou de quelle fonction fasciale nous parlons ; le seul terme « fascia » ne favorise pas la clarté de la communication (Langevin, 2009).
Alors que nous proposons un nouvel ensemble de définitions, nous souhaitons reconnaître les tentatives successives de formalisation de la définition du fascia qui les ont précédées. Le Comité de nomenclature de la Fascia Research Society internationale a accompli des efforts considérables pour sensibiliser au vocabulaire défectueux et décousu du système fascial. Ses membres ont mis en évidence les dénominations impropres, les éponymes et les structures nommées rendues discontinues par la dissection artificielle comme autant de raisons entravant l’impact des nouvelles recherches et des nouveaux traitements sur le fascia dans les soins de santé à l’échelle mondiale. Une publication antérieure du Comité de nomenclature (Adstrum et al., 2017) a soutenu l’adoption d’une nouvelle définition du système fascial, valable pour l’ensemble du corps.
Le domaine de la santé est un réseau de connaissances vaste et complexe, en expansion constante grâce à la recherche, aux avancées technologiques et à la pratique clinique. Au cœur des traitements se trouve la nomenclature anatomique — le langage qu’utilisent cliniciens, chercheurs, scientifiques et praticiens pour communiquer efficacement. Les participants au forum public ont convenu que la science de l’anatomie fasciale est fragmentée et que des définitions obsolètes en portent une grande part de responsabilité. Une terminologie unifiée du système fascial n’est pas une question de commodité : c’est le fondement indispensable sur lequel se construira le progrès scientifique et clinique.
2 | CONSIDÉRATIONS HISTORIQUES
Historiquement, le fascia était considéré uniquement comme une enveloppe des muscles et des organes. En 2011, le Federative International Programme on Anatomical Terminologies (FIPAT), en accord avec le Federative Committee on Anatomical Terminology (FCAT) affilié à l’American Association of Clinical Anatomy, a confirmé cette restriction en définissant le fascia comme « une gaine, une lame ou tout autre agrégat dissécable de tissu conjonctif qui se forme sous la peau pour attacher, envelopper et séparer les muscles et d’autres organes internes ». Cette définition limitée ne peut toutefois pas être complète. On sait depuis plus d’un siècle qu’il existe un réseau collagénique « réticulaire » (Carlson, 2019 ; Ushiki, 2002) qui s’étend sans interruption à l’ensemble du corps (Mall, 1898 ; Mall, 1888 ; Pirri et al., 2023 ; Sabin, 1934a, 1934b). En effet, la décellularisation d’organes, de blocs d’organes et même de corps entiers confirme que la matrice extracellulaire (MEC) tridimensionnelle du corps (constituée principalement de collagènes, mais composée bien sûr de nombreuses autres biomolécules physiologiquement actives) imprègne et donne forme à chaque tissu et à chaque organe du corps, en s’interpénétrant de l’échelle macroscopique à l’échelle microscopique (Sobocinski et al., 2010).
La matrice extracellulaire (MEC) joue un rôle dans les tissus en leur offrant soutien et structure. Elle fournit en partie un contexte fibrillaire autour des cellules ainsi que la charpente de la membrane basale, sous les cellules épithéliales (Walma & Yamada, 2020). Cet échafaudage a été utilisé pour créer des « organes fantômes » dépouillés de tout, hormis leur matrice extracellulaire, qui peuvent être réensemencés avec des cellules souches et conserver la forme de l’organe d’origine (Nemetz, 2016). Cette suffisance complète de la MEC pour former et soutenir les tissus et les organes, et pour maintenir l’intégrité globale du corps, est encore confirmée par la capacité à restaurer des tissus et des organes fonctionnels à partir d’une telle MEC par recellularisation (p. ex. à l’aide de diverses cellules souches/progénitrices) (Sánchez et al., 2015). Cette reconnaissance renouvelée du fait que les structures liées au fascia sont continues dans tout le corps, et pas seulement de l’hypoderme à l’os, a rendu nécessaires de nouvelles définitions. En réponse, différents groupes en ont proposé de nouvelles. En 2015, le Fascia Nomenclature Committee de la Fascia Research Society (Adstrum et al., 2017 ; Schleip et al., 2019) a publié la description suivante d’un « système fascial » :
« Le système fascial est constitué du continuum tridimensionnel de tissus conjonctifs fibreux mous, lâches et denses, contenant du collagène, qui imprègnent le corps. Il comprend des éléments tels que le tissu adipeux, l’adventice et les gaines neurovasculaires, les aponévroses, les fascias profonds et superficiels, l’épinèvre, les capsules articulaires, les ligaments, les membranes, les méninges, les expansions myofasciales, le périoste, les rétinaculums, les septums, les tendons, les fascias viscéraux, ainsi que tous les tissus conjonctifs intramusculaires et intermusculaires, y compris l’endo-/péri-/épimysium. Le système fascial s’interpénètre avec tous les organes, muscles, os et fibres nerveuses, qu’il entoure, dotant le corps d’une structure fonctionnelle et offrant un environnement qui permet à tous les systèmes du corps de fonctionner de manière intégrée. »
Entre-temps, la Foundation of Osteopathic Research and Clinical Endorsement (FORCE) a publié une autre définition (Bordoni et al., 2021) :
« Le fascia est tout tissu présentant des caractéristiques lui permettant de répondre aux stimuli mécaniques. Le continuum fascial est le résultat de l’évolution d’une synergie parfaite entre différents tissus, liquides et solides, capable de soutenir, diviser, pénétrer, nourrir et relier tous les territoires du corps : épiderme, derme, graisse, sang, lymphe, vaisseaux sanguins et lymphatiques, tissu recouvrant les filaments nerveux (endonèvre, périnèvre, épinèvre), fibres musculaires striées volontaires et tissu qui les recouvre et les imprègne (épimysium, périmysium, endomysium), ligaments, tendons, aponévroses, cartilage, os, méninges, musculature striée involontaire et muscle lisse involontaire (tous les viscères dérivés du mésoderme), ligaments viscéraux, épiploons (petit et grand), péritoine et langue. Le continuum transmet et reçoit en permanence des informations mécano-métaboliques susceptibles d’influencer la forme et la fonction du corps entier. »
Ces deux définitions, qui mettent l’accent sur la continuité à l’échelle de l’organisme comme caractéristique déterminante, s’efforcent d’englober de nombreuses structures anatomiques différentes. Cependant, cette approche, qui a permis de résoudre un problème, en a créé d’autres, notamment une controverse parmi les anatomistes. Par exemple, Neumann (2024) a écrit :
« Peut-être faudrait-il élargir quelque peu la définition du fascia dans la nomenclature anatomique internationale afin de s’orienter vers un consensus avec le Fascia Nomenclature Committee et d’établir une classification plus cohérente. D’autres feuilles et gaines de tissu conjonctif dense irrégulier pourraient être ajoutées.
Le derme, les tissus sous-cutanés, les tissus adipeux, ainsi que les tissus conjonctifs réguliers, qu’ils soient lâches ou denses (par exemple, les ligaments, les tendons et les aponévroses tendineuses), devraient probablement continuer à être exclus […] Les épaississements des couches fasciales que l’on appelle ligaments constituent des entités prêtant à confusion qui nécessitent des investigations plus approfondies. »
3 | AVANCÉES DE LA RECHERCHE EN SCIENCE FASCIALE
Les efforts collaboratifs de la communauté des chercheurs s’intéressant au fascia constituent un autre moteur essentiel du progrès médical. Les chercheurs repoussent constamment les limites de notre compréhension de l’anatomie, de la physiologie et de la pathologie humaines. Lorsque les termes anatomiques diffèrent d’une étude à l’autre, il devient difficile de synthétiser les résultats, de reproduire les expériences et de s’appuyer sur les connaissances existantes. Bien que les avancées de la recherche relatives au fascia soient de plus en plus nombreuses, les chercheurs passent à côté du partage de connaissances pertinentes à l’échelle mondiale en raison d’une nomenclature très inefficace et imprécise (Accioli de Vasconcellos et al., 2003 ; Babakurban et al., 2010 ; Duncan et al., 2022). Une nomenclature fasciale unifiée offrirait aux chercheurs une communication solide pour leurs travaux, leur permettant de partager et de comparer plus efficacement leurs résultats auprès de groupes de lecteurs plus larges.
Un défi central du domaine est le manque actuel de clarté dans l’emploi des mots « fascia » (singulier) et « fasciae » (pluriel). Des recherches récentes ont démontré que les fasciae de différentes régions du corps peuvent présenter des caractéristiques histologiques et des comportements mécaniques distincts (Pirri et al., 2022 ; Stecco et al., 2009). Parallèlement, d’autres études mettent en évidence un « continuum » de fascia dans tout le corps et son rôle de système de signalisation mécanosensible à l’échelle du corps entier, avec un rôle important dans la proprioception (Santuz & Akay, 2023). Ainsi, ce double aspect du ou des fascia(e) — à la fois réseau et ensemble de structures anatomiques distinctement différenciées, aux fonctionnalités variables — a compliqué l’élaboration d’une définition consensuelle couvrant les facettes complémentaires de la forme et de la fonction. En l’absence de consensus, l’emploi indiscriminé du terme « fascia » dans la littérature clinique et scientifique conduit par ailleurs au scepticisme quant à son importance pour la santé du corps humain et en marginalise la place essentielle dans l’enseignement de l’anatomie.
4 | CONSIDÉRATIONS ANATOMIQUES SUR LES TISSUS, LES ORGANES ET LES SYSTÈMES
Dans cet article, nous présentons une justification en vue d’améliorer ces définitions, en cherchant à élaborer une terminologie relative au fascia qui soit rigoureuse tout en restant utile de façon flexible dans différents contextes cliniques et scientifiques. Nous avons cherché à concilier l’ontologie anatomique classique avec les résultats de recherche les plus récents. Pour ce faire, comme fondement et guide de cette démarche, nous revenons aux premiers principes, c’est-à-dire aux définitions anatomiques traditionnelles des tissus, des organes et des systèmes. Il est bien établi que le corps présente différents niveaux d’organisation qui s’emboîtent : les cellules et les tissus forment les organes, et les organes forment les systèmes ; cette organisation de base est cohérente dans tous les manuels d’histologie et d’anatomie. Sur la base de cette hiérarchie, notre question de départ pour cet article était : le fascia, ou les fasciae, doivent-ils être classés comme tissu, organe et/ou système ?
Selon le site web des National Institutes of Health (NIH) des États-Unis, un tissu est défini comme un groupe de cellules de structure similaire qui fonctionnent ensemble comme une unité (SEER, s.d.). Il existe quatre grands types de tissus dans le corps : épithélial, conjonctif, musculaire et nerveux. Les tissus conjonctifs comme les fasciae comprennent un ensemble spécifique de cellules résidentes et mobiles (p. ex. fibroblastes, fasciacytes, télocytes, fibrocytes, myofibroblastes, précurseurs lipogéniques) (Fede et al., 2021 ; Theise et al., 2023), des adipocytes et des cellules immunitaires (p. ex. macrophages, mastocytes, lymphocytes) (Albertin et al., 2023 ; Fede et al., 2023), ainsi que des substances fondamentales et des fibres spécifiques à chaque région. Ainsi, classer le fascia de manière générique comme un type de tissu reviendrait essentiellement à l’assimiler au tissu conjonctif. Cependant, bien que les fasciae soient majoritairement composés de tissu conjonctif en volume, ils ne sont pas exclusivement constitués de tissu conjonctif fibro-collagénique, mais aussi de tissus nerveux et adipeux entremêlés. Par conséquent, le terme « tissu » ne peut pas être employé strictement pour décrire le fascia et, en conséquence, « fascia » et « tissu conjonctif » ne peuvent pas être synonymes. En fait, le tissu conjonctif et le fascia appartiennent à deux niveaux de classification différents au sein de la complexité multi-échelle du corps humain.
Si le fascia n’est pas un tissu, il reste « organe » et « système » comme catégories possibles dans lesquelles les fascias pourraient être classés. Un organe est défini comme un ensemble de tissus qui forment structurellement une unité fonctionnelle spécialisée dans l’exécution d’une fonction particulière, chaque organe étant constitué de deux tissus ou plus (SEER, s.d.). Un système, en revanche, est défini comme un groupe d’un ou plusieurs organes et des tissus associés, dont les fonctions sont apparentées — par opposition à unifiées. Prenons le système urinaire et les organes qui le composent comme exemple de la distinction entre organe et système. La fonction du système urinaire est de filtrer le sang et de produire l’urine, sous-produit de déchet. Les organes du système urinaire comprennent les reins, les uretères, la vessie et l’urètre. Ainsi, bien que tous les organes urinaires participent à la fonction du système (filtrer le sang et produire l’urine), les différents organes composant le système urinaire présentent chacun des aspects anatomiques et des contributions fonctionnelles distincts. En outre, d’autres types de structures anatomiques qui ne sont pas définies comme des organes sont inclus dans le système urinaire et sont définis par leur anatomie macroscopique (p. ex. cortex, médulla et hile rénaux) et microscopique (p. ex. glomérules, tubules, anses de Henle).
Classer collectivement les fasciae comme un organe unique doté d’une fonction commune poserait certains problèmes. En effet, bien que différents types de fasciae (p. ex. le fascia entourant le système musculo-squelettique, le fascia musculaire profond ; ou le fascia entourant les organes, à savoir le fascia viscéral) partagent des caractéristiques et des fonctions communes, ils présentent également un éventail de spécificités différenciées d’organisation cellulaire/tissulaire et de fonction. Par exemple, le fascia thoraco-lombaire est une couche fibrotique fonctionnant comme un tendon plat, permettant la transmission des forces musculaires entre diverses régions (Benetazzo et al., 2011 ; Gracovetsky, 2008 ; Marpalli et al., 2021), tandis que le fascia de la grande veine saphène est une couche fibro-graisseuse soutenant un vaisseau (Caggiati, 1999, 2010), et que le fascia rénal est une fine couche qui forme une capsule de contention pour l’organe. Par conséquent, le concept d’« organe » ne peut pas être strictement utilisé pour désigner l’ensemble des fasciae de manière collective.
D’un autre côté, il pourrait être séduisant de classer collectivement les fasciae comme un système doté d’une fonction globale unificatrice, d’autant qu’un tel « système fascial » pourrait accueillir des organes fasciaux et/ou des structures anatomiques individuels, chacun avec ses propres caractéristiques. Bien que proposer un « nouveau » système physiologique puisse sembler un pas audacieux, nous avons examiné la question et constaté une variabilité surprenante parmi les systèmes déjà reconnus à ce niveau d’organisation. Par exemple, alors que la Terminologia Anatomica recense treize systèmes (Federative Committee on Anatomical Terminology, 1998), la nomenclature du NIH en recense dix (SEER, s.d.) et Wikipédia en compte douze (Wikipedia, 2024) (Figure 1). Les systèmes étant définis par leur fonction et notre compréhension scientifique de la fonction physiologique étant en constante évolution, cela suggère qu’il devrait être possible de mettre en évidence des regroupements supplémentaires.

5 | JUSTIFICATION DE NOTRE RECOMMANDATION POUR LA DÉFINITION D’UN SYSTÈME FASCIAL
Nous proposons que, lorsque les fasciae sont considérés ensemble comme un réseau multi-échelle continu à l’échelle du corps entier, ils transcendent les définitions de tissu comme d’organe et constituent ainsi un système. Pour étayer cette catégorisation, nous avons examiné les diverses fonctions globales des fasciae, indépendantes de la localisation anatomique. Ce faisant, nous avons mis au jour une diversité d’opinions considérable quant aux fonctionnalités des fasciae. Historiquement, les thèmes dominants se sont concentrés soit sur la capacité des fasciae à supporter une mise en charge tensionnelle et à permettre une mobilité de cisaillement, soit sur leur rôle de réseau de communication à l’échelle du corps. La première approche découle en partie de la définition du fascia la plus restrictive, à savoir le fascia musculo-squelettique ; la seconde, des échanges biochimiques dynamiques de la matrice extracellulaire et de l’interstitium. En prenant en compte ces deux considérations et en intégrant les connaissances les plus récentes sur la micro-anatomie fasciale, nous proposons de définir la fonction primaire du système fascial comme suit : un réseau de tissu conjonctif stratifié, multi-échelle et étendu à l’ensemble du corps, qui permet la mise en charge tensionnelle et la mobilité de cisaillement le long de ses interfaces.

Des artérioles à paroi épaisse (flèches) sont présentes principalement dans le derme réticulaire, mais peuvent pénétrer dans le derme papillaire (côté droit). Dans cette nouvelle classification d’un « système fascial », le derme (comprenant les couches papillaire et réticulaire) fait partie de l’organe « fascia superficiel ». Avec la coloration H&E, le collagène de ces couches est rose, les fibrilles/faisceaux du derme papillaire étant nettement plus fins que les faisceaux plus épais du derme réticulaire. Ces structures collagéniques constituent la couche fasciale plus rigide. Les espaces blancs entre les fibrilles et les faisceaux de collagène ne sont ni vides ni artefactuels ; il s’agit de l’interstitium non coloré. Bas : peau humaine typique (normale) (coupe parallèle, protéine de liaison à l’acide hyaluronique marquée au DAB, immunomarquage CD34 magenta, grossissement 10×).
La coloration brune de l’acide hyaluronique (AH) dans les espaces interstitiels de l’épiderme, du derme papillaire et du derme réticulaire est en continuité d’un espace à l’autre. L’« interstitium dermique » est la composante riche en AH du fascia dermique, couvrant à la fois les couches papillaire et réticulaire. Ces espaces remplis d’AH constituent les couches plus visqueuses du fascia, à savoir l’« interstitium fascial ». Il convient de noter que l’interstitium ne se limite pas au seul fascia ; bien que l’interstitium intercellulaire (entre les kératinocytes de l’épiderme) soit clairement en continuité avec l’interstitium dermique (à travers la limite en pointillés entre épiderme et derme), il n’est pas inclus dans la définition de l’« interstitium fascial ». Les artérioles sont de nouveau mises en évidence (flèches), cette fois par les cellules endothéliales CD34-positives, colorées en magenta, de leur lumière (les vaisseaux paraissent donc plus petits que sur la coloration H&E). Le pigment brun de la couche basale de l’épiderme, bien visible sur l’image du haut, est de la mélanine, cet échantillon de peau provenant d’une personne à peau foncée. Ces cellules pigmentées restent visibles sur l’image du bas et ne doivent pas être confondues avec l’AH, coloré en brun, des espaces interstitiels qui passent entre elles.
• Couches riches en collagène
La stratification est composée de deux éléments complémentaires : l’un plus rigide, l’autre plus visqueux (Figure 2, haut). Bien que les couches rigides et visqueuses soient toutes deux constituées de collagène, d’élastine et de protéoglycanes, leur composition précise — types et proportions de collagènes et éventail général des autres molécules — varie selon les localisations corporelles, reflétant vraisemblablement les besoins locaux et spécialisés de la composante fasciale et la manière dont elle interagit avec les autres tissus et structures locaux. En général, les couches plus rigides sont composées majoritairement de collagène. Les molécules de collagène s’agrègent en « fibrilles » de tailles variables, qui s’agrègent à leur tour en « fibres », puis en « faisceaux » plus grands. Ces termes ne sont pas précis et n’ont ni tailles ni limites définies. Les fibrilles peuvent être aussi petites que quelques microns de diamètre et les faisceaux peuvent atteindre 10 à 20 microns de diamètre (Cenaj et al., 2021). Ces faisceaux plus volumineux constituent l’essentiel des couches riches en collagène des fascias et, à certains endroits, peuvent être distingués à l’œil nu (p. ex. dans les sous-muqueuses du tube digestif, dans le derme).
• Interstitium fascial riche en acide hyaluronique
L’interstitium fascial a été récemment élucidé comme la composante la plus visqueuse (Benias et al., 2018 ; Cenaj et al., 2021). Il est composé principalement d’acide hyaluronique (AH), le seul glycosaminoglycane (GAG) non sulfaté, qui possède la propriété unique de lier et de retenir l’eau et à travers lequel l’eau et d’autres petits solutés, ainsi que certaines macromolécules (p. ex. cytokines, chimiokines, facteurs de croissance), peuvent circuler (Khandekar et al., 2020) (Figure 2, bas). Cet interstitium est toujours en relation de complémentarité avec les domaines riches en collagène de tous les fascias répartis dans le corps (Benias et al., 2018). Nous suggérons que les espaces interstitiels au sein du fascia soient désignés par le terme d’« interstitium fascial » (Benias et al., 2018). De même que les fascias représentent un réseau structurel continu dans tout le corps, son interstitium est lui aussi un réseau à l’échelle du corps entier à travers lequel l’eau et les solutés peuvent circuler. Il convient de noter que l’interstitium fascial constitue l’échelle la plus large d’interstitium et qu’il est en continuité structurelle uniforme, dans tout le corps, avec les espaces interstitiels plus petits : ceux situés autour des capillaires vasculaires, à travers lesquels s’échangent nutriments et déchets, et ceux situés entre certains types cellulaires (p. ex. adipocytes, kératinocytes, myocytes). Chaque échelle d’interstitium possède son propre nom et ses caractéristiques générales. Les autres macromolécules présentes dans ces espaces peuvent être similaires ou présenter des différences propres à chaque site. Les caractéristiques générales de ces trois échelles d’interstitium sont présentées dans le Tableau 1.
| Interstitium intercellulaire | Interstitium péri-vasculaire (péri-capillaire) | Interstitium fascial | |
| Gammes de tailles des espaces interstitiels | <1,5 µm (Aslan et al., 2006 ; Calabrese et al., 2003 ; Tamaki et al., 2002) | ~5–50 µm (Benias et al., 2018 ; Theise et al., 2023) | ~10–100 µm (Benias et al., 2018) |
| Composantes collagéniques | Absentes entre les kératinocytes (Pfisterer et al., 2021) ; fibrilles présentes entre les myocytes et entre les adipocytes (Mariman & Wang, 2010 ; Meng et al., 2024 ; Wohlgemuth et al., 2023) | Fibrilles (Swartz & Fleury, 2007) (>2 µm à environ 20 µm) | Des fibrilles aux faisceaux (Benias et al., 2018 ; Cenaj et al., 2021) (~20–40 µm) |
| Fibres élastiques | Absentes entre les kératinocytes (Pfisterer et al., 2021) ; fines fibres présentes entre les myocytes et entre les adipocytes (Mariman & Wang, 2010 ; Meng et al., 2024 ; Wohlgemuth et al., 2023) | Fines fibres, ubiquitaires (Swartz & Fleury, 2007) | Fibres fines et grossières, ubiquitaires (Benias et al., 2018 ; Cenaj et al., 2021) |
• Avantages de la nouvelle définition
Cette nouvelle définition du système fascial présente plusieurs avantages majeurs. Elle peut s’appliquer aux niveaux macroscopique comme microscopique, englobe toutes les structures citées dans les définitions antérieures du fascia et intègre les extensions récentes des micro- et macro-anatomies de l’« interstitium » humain. En outre, ce système n’exprime pas une morphologie homogène, mais s’adapte de manière régionalement spécifique aux différentes exigences de charge mécanique.
Par exemple, dans les régions soumises à un haut degré de mise en charge tensionnelle selon une direction unilinéaire, le tissu tendra à exprimer une architecture aponévrotique ou tensionnelle, avec des composantes collagéniques disposées en faisceaux parallèles. À l’inverse, les structures fasciales soumises à un degré élevé de cisaillement multidirectionnel peuvent présenter des arrangements variés et multidirectionnels de leurs composantes collagéniques (Llewellyn et al., 2023). Dans certaines d’entre elles, à savoir les composantes adipeuses du système fascial, la composante rigide est comparativement réduite par rapport à la composante cellulaire, compte tenu de l’immensité des adipocytes par rapport à la plupart des autres cellules. Dans celles-ci, les arrangements du collagène sont eux aussi très variés. Ces différences éclaireront nos classifications des parties/structures et des organes du système fascial, comme nous le décrirons ci-après.
Comme indiqué plus haut, le système fascial est composé à la fois d’organes et de parties du corps ou structures anatomiques, comme l’a souligné Minelli en 2021 (Minelli, 2021). Les organes, comme les systèmes, sont souvent définis fonctionnellement, tandis que les structures anatomiques/parties du corps sont définies morphologiquement. Selon la définition de Bioportal, le plus vaste référentiel mondial d’ontologies biomédicales adopté par la Terminologia Anatomica, une structure anatomique est une « entité anatomique matérielle générée par l’expression coordonnée des propres gènes de l’organisme qui guident sa morphogenèse ; possède une forme tridimensionnelle inhérente ; ses parties sont reliées entre elles et spatialement liées les unes aux autres selon des configurations déterminées par l’expression génique coordonnée », tandis que l’organe « possède un complément maximal d’instances de deux types de tissu ou plus, ou d’un ou plusieurs types d’unité morphologique essentielle, une limite principalement bona fide et une vascularisation et un réseau neural intrinsèques. Exemples : foie, poumon, rein, estomac, vessie, vésicule biliaire. » Dans plusieurs cas, un organe défini fonctionnellement sera coextensif à une partie du corps définie morphologiquement.
Il y aura donc inévitablement des zones grises biologiques entre ces noms de parties. Néanmoins, une distinction claire entre organes et structures anatomiques est un préalable à une définition claire d’un système fascial et des organes qui y sont inclus.
6 | APPLICATIONS DE CETTE NOUVELLE DÉFINITION DU SYSTÈME FASCIAL
Nous avons par conséquent repris la liste présentée dans la définition du système fascial de 2015, examiné si ses éléments pouvaient être considérés comme des organes ou des structures anatomiques au sein d’un système fascial global, et créé une hiérarchie de termes illustrée dans les Figures 3 à 8. Cette liste comprend les éléments suivants : tissu adipeux, adventice, gaines neurovasculaires, aponévroses, fascias profonds et superficiels, épinèvre, capsules articulaires, ligaments, membranes, méninges, expansions myofasciales, périostes, rétinaculums, septums, tendons, fascias viscéraux, et tous les tissus conjonctifs intramusculaires et intermusculaires, y compris l’endo-/péri-/épimysium.

Nous considérons comme organes du système fascial le fascia superficiel, le fascia musculosquelettique (ou profond), le fascia viscéral et le fascia neural (Figures 3 et 4). Cette proposition ne comprend toutefois pas de définition détaillée de chacun de ces organes, car nous estimons que des discussions et des investigations complémentaires sont nécessaires pour que de nouvelles définitions soient à la fois précises et complètes. Les discussions se poursuivent et nous attendons avec intérêt les contributions des communautés qui s’intéressent à l’anatomie fasciale et interstitielle.

Il n’est pas toujours intuitif de travailler dans le cadre des hiérarchies scientifiques, car de nombreuses caractéristiques du corps humain sont d’une structure et d’une fonction si complexes qu’elles franchissent les frontières artificielles des catégories imposées par l’homme. Pour réexpliquer des termes déjà publiés, nous devons admettre que les vocabulaires retenus sont souvent congruents, mais non exclusifs. Partant du constat que de nombreux organes et tissus ne sont pas exclusifs d’un seul et unique système du corps, nous entendons reconsidérer les classifications suivantes en appliquant les définitions des organes et des tissus dans le contexte du système fascial dynamique. Par ailleurs, la nature de connexion du système fascial s’exprime aussi par le fait qu’il inclut des éléments qui résistent à une attribution claire à une seule catégorie d’organe, nette et unique. Parmi ces éléments, on peut citer le ligament sacro-tubéral, qui sert aussi de tendon à de nombreuses fibres musculaires de la longue portion du biceps fémoral, ou le fascia plantaire, également décrit comme aponévrose plantaire ou ligament plantaire, selon le point de vue et le style de dissection de l’examinateur.
7 | SPÉCIFICATIONS DES ORGANES ET DES PARTIES/STRUCTURES FASCIALES

• Fascia superficiel (Figure 5) : réseau stratifié de tissu conjonctif situé dans l’hypoderme, il participe au drainage lymphatique de la peau (Albertin et al., 2023) et à sa réparation (Correa-Gallegos et al., 2019). Il protège également les vaisseaux superficiels (Caggiati, 1999 ; Gracovetsky, 2008) et les nerfs (Babakurban et al., 2010), et crée une surface de glissement entre la peau et les muscles sous-jacents. Ses caractéristiques correspondent donc à la définition générale du système fascial ; en même temps, il n’est pas en relation avec les muscles et présente des caractéristiques histologiques différentes et une innervation distincte par rapport au fascia musculo-squelettique (profond). Il doit par conséquent être considéré comme une partie distincte de celui-ci. Parallèlement, il ne peut pas être considéré uniquement comme une structure anatomique, car il s’agit d’une couche étendue à tout le corps, dont les composantes nommées diffèrent selon les régions du corps, p. ex. le fascia de Scarpa dans l’abdomen, le fascia saphène dans la jambe, la galea capitis dans la tête, etc. Nous considérons donc le fascia superficiel, comme le fascia musculo-squelettique (profond), comme un organe au sein du système fascial.

• Fascia musculosquelettique (ou fascia profond, fascia musculaire, fascia d’enveloppe, myofascia) (Figure 6) : sont inclus tous les réseaux stratifiés de tissu conjonctif liés aux muscles, aux articulations et aux os, et qui permettent la mise en charge tensionnelle et la mobilité de cisaillement le long de leurs interfaces. Il fait donc partie du système fascial mais, compte tenu de sa distribution large et continue, il s’agit d’une structure ample et multi-échelle plutôt que d’une simple « partie du corps ». Nous proposons par conséquent de le considérer comme un organe au sein du système fascial. Il n’assure pas seulement les fonctions clés de cisaillement et de transmission des charges, mais joue aussi un rôle crucial dans la coordination et la proprioception. En outre, au sein de cet organe, de nombreuses structures anatomiques différentes peuvent être reconnues et classées en tant que telles, p. ex. le fascia thoraco-lombaire, le fascia pectoral, le fascia lata, le fascia crural, etc. Nous y incluons également tous les tissus conjonctifs intramusculaires, comme ceux situés entre les muscles (épimysium), les faisceaux de fibres musculaires (périmysium) et les fibres musculaires (endomysium), qui, à l’échelle microscopique, partagent les mêmes fonctions que les structures macroscopiques. Cela est en accord avec Huijing, qui a démontré qu’ils sont capables de transmettre des forces musculaires à distance (Huijing, 2007).
• Capsules articulaires (Figure 6) : toutes les capsules articulaires synoviales typiques sont constituées de tissu conjonctif fibreux dense tapissé de synoviale, formant un manchon autour des os articulés auxquels elles sont fixées (Aslan et al., 2006 ; Stecco, 2004). Elles sont composées de faisceaux de fibres de collagène qui adhèrent fermement aux os par des sites d’attache spécialisés, leur épaisseur et l’orientation de leurs fibres dépendant des contraintes qu’elles subissent selon leurs différentes localisations. Selon Ralphs et Benjamin (1994), dans la plupart des articulations, la capsule présente deux épaississements localisés ou plus, formant des ligaments ; par exemple, on distingue quatre structures ligamentaires capsulaires dans la hanche humaine (Fuss & Bacher, 1991). Les capsules articulaires peuvent en outre être renforcées par des tendons. Par exemple, les tendons du quadriceps et patellaire forment la partie antérieure de la capsule de l’articulation du genou, et les tendons extenseurs la partie dorsale de la capsule des articulations interphalangiennes. Sur la base de cette analyse, les capsules articulaires pourraient être considérées comme faisant partie du système fascial, plus précisément du fascia musculo-squelettique (profond), dont elles partagent les principales caractéristiques et fonctions, comme la proprioception, mais aussi comme faisant partie d’un autre organe, l’articulation. Nous les considérons donc comme une partie du corps ou une structure.
• Ligaments (Figure 6) : le terme « ligament » est utilisé de façon assez imprécise pour désigner toute bande de tissu conjonctif fibreux reliant deux os ou maintenant ensemble une articulation, mais aussi tout repli membraneux qui soutient un organe et le maintient en position. Par conséquent, les ligaments doivent être considérés comme des parties du corps, dont les caractéristiques et les fonctions diffèrent selon leur localisation. Certains ligaments permettent une mise en charge tensionnelle entre différents os et sont de ce fait des parties spécialisées du fascia musculo-squelettique (profond), tandis que d’autres, qui soutiennent les organes, sont des parties du fascia viscéral.
• Rétinaculums (Figure 6) : les rétinaculums sont des renforcements du fascia profond et il n’est pas possible de les isoler sans sectionner le fascia profond (Stecco et al., 2010). Par conséquent, les rétinaculums ne sont pas des organes, mais des structures anatomiques du fascia musculo-squelettique (profond). Ils portent des noms spécifiques selon leur localisation, tels que le retinaculum des extenseurs de la cheville, le retinaculum des fléchisseurs du carpe, etc.
• Périostes (Figure 6) : les périostes sont de fines couches de tissu conjonctif qui recouvrent la surface externe d’un os partout, sauf au niveau des articulations. Outre leur capacité de mouvement tensionnel et de mobilité de cisaillement, ils possèdent des terminaisons nerveuses nociceptives et ont donc une fonction sensorielle. Ils présentent une composante vasculaire particulièrement riche, destinée à nourrir l’os sous-jacent. Une autre particularité du périoste tient à sa différenciation en une « couche fibreuse » externe et une « couche cambiale » interne. La couche fibreuse contient des fibroblastes, tandis que la couche cambiale contient des cellules progénitrices qui se différencient en ostéoblastes, responsables de l’augmentation de l’épaisseur de l’os (Augustin et al., 2007). Récemment, Manon et al. (2022) ont évalué le périoste et le fascia profond de la cuisse et ont démontré qu’ils ont des composants moléculaires de MEC similaires, mais que le fascia présente une plus grande résistance à l’étirement et une teneur en collagène plus élevée, tandis que le périoste contient davantage de cellules, notamment des immunocytes et des cellules souches/progénitrices. Nous concluons que les périostes doivent être considérés comme des structures anatomiques incluses dans l’organe fascial musculo-squelettique (profond).
• Septums (Figure 6) : les septums sont des parois fibrotiques divisant une cavité ou une structure en éléments plus petits. Certains éléments indiquent que divers septums sont en continuité avec le fascia profond et le périoste (van der Wal, 2009). Par exemple, dans l’œil, le septum orbitaire relie le périoste orbitaire aux structures des paupières supérieure et inférieure (Cornelius et al., 2014). Par ailleurs, selon Yucesoy et Huijing, les limites compartimentales (p. ex. septums intermusculaires, membranes interosseuses, fascia périosté et compartimental) sont en continuité avec les voies neurovasculaires et relient les tissus musculaires et non musculaires (p. ex. origines et insertions tendineuses) en plusieurs endroits, permettant une transmission myofasciale épimusculaire des forces (Yucesoy & Huijing, 2007). Par conséquent, les septums pourraient être considérés comme des structures anatomiques au sein de l’organe fascial musculo-squelettique (profond).
• Aponévroses (Figure 6) : tendons aplatis présentant une organisation ordonnée des fibres de collagène, ce qui leur confère une grande résistance à la traction dans une direction particulière, tout en les rendant vulnérables aux forces de tension ou de cisaillement dans d’autres directions (Azizi & Roberts, 2009). Sur le plan histologique, elles sont similaires aux tendons, avec pour rôle majeur la transmission des charges. Cette orientation parallèle bien ordonnée des fibres de collagène diffère de celle de la majeure partie du système fascial, mais elle est reconnue comme une spécialisation particulière au sein de ce système. Nous les considérons comme des structures anatomiques. Chaque aponévrose est une structure anatomique, avec une localisation et un nom spécifiques.
• Tendons (Figure 6) : composantes uni-axiales du système musculo-squelettique, les tendons sont des formes uniques de tissu conjonctif qui relient le muscle à l’os et peuvent supporter la tension. La fonction physiologique des tendons est de transmettre la force entre les muscles et les os. Les tendons ont une organisation hiérarchique : une gaine de tissu conjonctif appelée épitenon enveloppe la périphérie du tendon ; les sous-unités du tendon sont les faisceaux, constitués de nombreuses fibres de collagène liées entre elles. Autour des faisceaux se trouve un compartiment de tissu conjonctif appelé endotenon, qui contient des vaisseaux sanguins et des nerfs (Zhang et al., 2022). L’ensemble de ces éléments permet la mise en charge tensionnelle et la mobilité de cisaillement et correspond donc à la définition du système fascial. Chaque tendon est considéré comme une structure anatomique, avec une localisation et une morphologie précises.
• Expansions myofasciales : comme les tendons, elles relient les muscles au fascia profond plutôt qu’à un os. L’expansion myofasciale la plus célèbre est le lacertus fibrosus, également appelé aponévrose bicipitale, ce dernier terme soulignant les similitudes avec les tendons plats. Par conséquent, de la même manière que les tendons et les aponévroses, les expansions myofasciales sont des structures du système fascial.
• Tissu adipeux : historiquement considéré comme un type de tissu conjonctif, il est de plus en plus établi, d’après les données accumulées, que les tissus adipeux sont organisés de manière à former un vaste organe à l’échelle du corps, doté d’une anatomie distincte, d’apports vasculaires et nerveux spécifiques, d’une cytologie complexe et d’une grande plasticité physiologique (Cinti, 2011). Le tissu adipeux peut ainsi être considéré comme un organe multi-dépôts (Cinti, 2001), situé dans différents compartiments du corps, tels que sous la peau (dépôts sous-cutanés) et dans le tronc (dépôts viscéraux). Cet organe contribue à de nombreux besoins vitaux de l’organisme : thermogenèse, lactation, réponses immunitaires et apport de substrats énergétiques au métabolisme. Le tissu adipeux, en tant qu’organe, peut donc être inclus dans le système fascial, mais il diffère des autres fascias par sa composition cellulaire (les adipocytes prédominant en volume, sinon en nombre). Le mésentère est un cas particulier et l’on peut au moins dire qu’il contient ses propres éléments fasciaux. Cet organe dans son ensemble peut donc être considéré comme faisant partie des fascias viscéraux (voir ci-après).

• Fascia viscéral (Figure 7) : il existe de nombreux fascias viscéraux, mais tous sont des couches de tissu conjonctif qui permettent la mise en charge tensionnelle entre différents organes et viscères et la mobilité de cisaillement le long de leurs interfaces, de sorte qu’ils correspondent à la définition fonctionnelle du système fascial. Ils sont liés aux organes internes, et non aux fascias musculosquelettiques (profonds) ou superficiels. Leur innervation est elle aussi indépendante de ceux-ci (Gershon, 1999). Collectivement, ils doivent donc être considérés comme un organe au sein du système fascial, assurant la mobilité et la cohérence des organes et liés à certains aspects de l’intéroception. Au sein des fascias viscéraux, de nombreuses structures anatomiques différentes peuvent être répertoriées, telles que le fascia mésentérique, le fascia mésocolique, le péritoine, le péricarde, le fascia de Toldt, la capsule hépatique, etc.
• Membranes (Figure 7) : fines lames de tissu conjonctif qui recouvrent le corps, tapissent les cavités corporelles et recouvrent les organes situés dans ces cavités. Elles présentent la même alternance de couches que tous les autres fascias, bien qu’elles puissent aussi comporter une couche de cellules épithéliales (mésothéliales), comme les membranes séreuses. Les membranes séreuses portent des noms particuliers selon leur localisation. Par exemple, la membrane séreuse qui tapisse la cavité thoracique et recouvre les poumons est appelée plèvre. Les membranes pourraient donc être considérées comme des structures anatomiques, parties des fascias viscéraux.
• Adventices (Figure 7) : couche externe de tissu conjonctif fibreux entourant les organes rétropéritonéaux (p. ex. œsophage thoracique, côlons ascendant et descendant, rectum) ou un vaisseau sanguin, auquel cas on parle aussi de tunica adventitia. Le rôle de l’adventice est complémentaire de celui des séreuses, qui fournissent une couche de tissu entourant les organes intrapéritonéaux. Certains organes, comme le duodénum et la vésicule biliaire, sont délimités par les deux selon les régions de leur surface. Les organes ou portions d’organes situés dans le rétropéritoine tendent à être fixés plus rigidement en position par leur adventice, tandis que les structures intrapéritonéales, recouvertes de séreuse, sont généralement plus librement mobiles. Dans les deux cas, l’équilibre de leur fonctionnement entre mobilité de cisaillement et mise en charge tensionnelle est différent. L’adventice et les séreuses ne peuvent pas être considérées comme des organes en soi, mais sont, dans chaque cas, des structures anatomiques de l’organe auquel elles se rattachent. Nous considérons que les deux appartiennent au groupe plus large des fascias viscéraux.

• Gaines neurovasculaires (Figure 8) : réunissant nerfs, veines, artères et parfois vaisseaux lymphatiques, ces gaines fasciales organisent ces structures de façon à ce qu’elles cheminent de concert à travers certaines régions du corps. Leurs caractéristiques varient considérablement. Par exemple, elles peuvent n’engainer qu’une veine superficielle et un nerf, comme la gaine neuro-vasculaire entourant la grande veine saphène et son nerf, ou bien ceux-ci et un nerf, comme dans la gaine carotidienne. Les gaines neurovasculaires sont des structures anatomiques au sein du système fascial, au même titre que l’adventice et les épinèvres (voir ci-après). Comme ceux-ci, elles présentent une organisation stratifiée de tissu conjonctif et d’interstitium permettant la mise en charge tensionnelle et la mobilité de cisaillement le long de leurs interfaces
• Épinèvre (Figure 8) : l’épinèvre est la couche la plus externe de tissu conjonctif dense irrégulier entourant un nerf périphérique. Il entoure généralement plusieurs faisceaux nerveux ainsi que les vaisseaux sanguins qui irriguent le nerf. Lorsque le nerf spinal quitte le canal vertébral par un foramen intervertébral, deux couches des méninges spinales, l’arachnoïde et la dure-mère, invaginent le nerf pour former un manchon dural de tissu conjonctif, qui est l’épinèvre. La partie externe de ce manchon constitue l’épinèvre externe, qui permet l’excursion longitudinale du nerf et l’absorption des contraintes longitudinales (Reina et al., 2015). L’épinèvre est donc un tissu conjonctif dont le rôle principal est de permettre la mobilité de cisaillement du nerf par rapport aux tissus et aux espaces qu’il traverse. Il est considéré comme une structure anatomique faisant partie du système nerveux périphérique d’une part, et du système fascial d’autre part, tout en étant en continuité avec les méninges spinales (voir ci-après).
• Méninges (Figure 8) : l’enveloppe de tissu conjonctif du cerveau et de la moelle spinale présente également une organisation stratifiée qui permet la mise en charge tensionnelle et la mobilité de cisaillement le long de ses interfaces et correspond donc à la définition du système fascial. L’arachnoïde et la dure-mère sont également en continuité avec l’épinèvre, comme décrit ci-dessus, et sont donc considérées comme des structures anatomiques faisant partie d’un organe, le cerveau, mais aussi du système fascial.
8 | RÉEXAMEN DU DERME ET DES SOUS-MUQUEUSES VISCÉRALES
Ni le derme ni les couches sous-muqueuses du tube digestif (y compris le pancréas et l’arbre biliaire), de l’appareil respiratoire et des voies génito-urinaires n’ont été inclus dans les classifications du fascia ci-dessus. Pourtant, sur les plans anatomique et histologique, il semble n’y avoir aucune raison de les exclure et de bonnes raisons de les accepter comme composantes du fascia superficiel d’une part (derme) et du fascia viscéral d’autre part (sous-muqueuses). Nous reconnaissons toutefois que cette proposition est préliminaire et espérons qu’elle suscitera des discussions approfondies et continues au sein de la communauté des scientifiques et des cliniciens intéressés.
Comme indiqué plus haut, l’étude contemporaine du fascia considère que « le système fascial entoure, s’entrelace entre et s’interpénètre [nous soulignons] avec tous les organes, muscles, os et fibres nerveuses, dotant le corps d’une structure fonctionnelle et offrant un environnement qui permet à tous les systèmes du corps de fonctionner de manière intégrée » (Stecco et al., 2018).
Ces « tissus conjonctifs fibreux denses qui imprègnent le corps » ne sont autres que les structures de tissu conjonctif d’abord bien décrites par Franklin Paine Mall au début du XXe siècle (Pirri et al., 2023). Comme l’a noté sa disciple Florence R. Sabin dans la « Biographical Memoir of Franklin Paine Mall », publiée par l’Académie nationale des sciences des États-Unis en 1934 (Sabin, 1934b) :
« Mall découvrit ensuite que le réseau réticulaire de fibres […] forme les tissus de soutien de tous les organes, et son travail est considéré comme ayant établi que la charpente réticulaire des organes est indépendante des cellules. Mall montra que le réticulum est une charpente si labile qu’il s’adapte à toutes les cellules fonctionnelles de chaque organe et les soutient. Ainsi, lorsque les cellules de chaque organe […] sont retirées, la charpente réticulaire dessine si fidèlement le motif de ces cellules que l’on peut reconnaître chaque organe à sa seule charpente. »
Ces observations ont été confirmées par des approches de décellularisation tissulaire plus modernes que celles dont disposait Mall. Principalement dans le but de développer des échafaudages de MEC destinés à être implantés avec des cellules souches/progénitrices à visée thérapeutique, de nombreuses études ont montré la réussite de la décellularisation de tissus, d’organes, de blocs d’organes et même de corps entiers, confirmant collectivement les impressions initiales de Mall (Kajbafzadeh et al., 2015 ; Park & Woo, 2012 ; Rajab et al., 2020). Mais toutes ces études, lorsqu’elles incluent la peau ou les viscères, montrent aussi qu’il n’existe aucune discontinuité entre le derme ou les sous-muqueuses et les plans de tissu conjonctif voisins du corps. Il n’y a donc aucune raison anatomique de séparer le derme ou les sous-muqueuses du fascia superficiel d’une part, ou du fascia viscéral d’autre part, tels que définis ci-dessus.
De plus, dans les deux cas, l’interstitium identique à celui observé dans tous les autres fasciae — celui qui fournit la définition des « interfaces » du système fascial proposé — a également été montré comme présentant la même continuité au sein des couches conjonctives et à travers les limites tissulaires, y compris celle du derme au sein de la peau et dans le tissu sous-cutané, et celle de la sous-muqueuse au sein du tube digestif et dans le mésentère sous-jacent, lorsqu’il est présent (Cenaj et al., 2021). Nous suggérons donc que :
• Derme (Figures 2, 4 et 5) : le derme satisfait à une définition fonctionnelle au sein du système fascial et devrait donc être considéré comme en faisant partie. En outre, il n’existe pas de limite anatomique distincte entre l’hypoderme et le derme à l’échelle microscopique, même s’ils peuvent être facilement disséqués l’un de l’autre à l’échelle macroscopique. Non seulement des réseaux collagéniques et interstitiels entrelacés traversent ces couches, mais aussi les voies d’innervation, de drainage lymphatique et d’apport vasculaire (Hsieh et al., 1997 ; Kanitakis, 2002 ; Ryan, 1976). La principale différence histologique entre le derme et l’hypoderme tient alors à la présence ou à l’absence d’adipocytes. Au vu de ces éléments, nous proposons que le derme soit considéré comme faisant partie du fascia superficiel, tout en reconnaissant que l’on pourrait plaider pour qu’il soit considéré comme un organe à part entière, appartenant à la fois au système tégumentaire et au système fascial proposé. Cette détermination mérite des études et des discussions complémentaires.
• Sous-muqueuses (Figures 2, 7) : les sous-muqueuses (p. ex. des voies respiratoires, oro-digestives, pancréatico-biliaires et génito-urinaires) satisfont à une définition fonctionnelle au sein du système fascial et devraient donc être considérées comme en faisant partie. En outre, il n’existe pas de limite micro-anatomique distincte entre les sous-muqueuses et la lamina propria située en dedans (si elle est présente), ni le tissu fibreux/fibro-adipeux d’enveloppe situé en dehors (p. ex. adventice viscérale, séreuse, plèvre, mésentère). Non seulement des réseaux collagéniques et interstitiels entrelacés traversent ces couches, mais aussi les voies d’innervation, de drainage lymphatique et d’apport vasculaire. Au vu de ces éléments, nous proposons que les sous-muqueuses soient considérées comme faisant partie du fascia viscéral. Cette détermination mérite des études et des discussions complémentaires.
9 | CONCLUSION
La terminologie médicale, notamment dans le domaine de l’anatomie, peut être obsolète et artificielle. De nombreux systèmes de dénomination se sont développés au fil des siècles, sous l’influence de facteurs culturels, historiques et régionaux. Il en résulte un paysage rempli de synonymes, d’homonymes et de noms uniques pour désigner les mêmes structures anatomiques. La persistance de ces termes anatomiques en médecine relève d’un vestige de la tradition plutôt que d’une nécessité. Il est nécessaire de disposer d’un langage anatomique universellement adopté, clair, direct et inclusif. Reconnaître le système fascial comme un réseau de tissu conjonctif stratifié, multi-échelle et étendu à l’ensemble du corps, qui permet la mise en charge tensionnelle et la mobilité de cisaillement le long de ses interfaces, améliorerait non seulement la rigueur scientifique et la communication, mais en définitive aussi la prise en charge des patients.
CONTRIBUTIONS DES AUTEURS
Tous les auteurs ont contribué à parts égales : ils ont participé aux discussions sur les concepts, à la conception du manuscrit, à la rédaction et à la révision du texte, à la relecture critique du manuscrit, à la préparation des tableaux et des figures, et à l’approbation de la version finale de l’article pour soumission.
REMERCIEMENTS
Le travail de ce groupe d’auteurs a débuté lors d’un panel intitulé « The interstitium and the Etiology of Pain», organisé par Rebecca Pratt, PhD, et Laurice D. Nemetz, et parrainé par l’American Association for Anatomy. Ce panel s’est tenu dans le cadre de la conférence annuelle Experimental Biology, à Philadelphie (Pennsylvanie, États-Unis), le 3 avril 2022. Le groupe est ensuite allé à la rencontre de la communauté plus large des chercheurs et cliniciens intéressés par le fascia, afin de recueillir leurs avis sur leurs intérêts et leurs besoins concernant une nouvelle définition du système fascial. Cette démarche a pris la forme d’un forum en ligne ouvert, tenu le 21 juin 2023 et intitulé « A Public Forum on a Porposed Fascial System Definition », organisé par la Fascia Research Society et co-modéré par Rebecca Pratt, PhD, et Lauri Nemetz. Le Pr Peter Friedl a été invité à conseiller le groupe lors d’une réunion en ligne ; nous le remercions pour ses éclairages.
Helene Langevin, MD, a été une interlocutrice essentielle tout au long de ce travail. Nous lui sommes infiniment reconnaissants pour sa clarté, sa sagesse et son approche chaleureuse de la collaboration. En particulier, son insistance à revenir sans cesse aux principes fondamentaux de la classification anatomique nous a permis de progresser au fil des années de discussion. Cet article n’existerait pas sous sa forme actuelle sans son accompagnement.
Nous saluons également les efforts antérieurs du Fascial Nomenclature Committee of the Fascia Research Society et sa contribution historique à ce domaine.
Nous remercions Mitra Dehghan Harati, MD, qui a réalisé l’ensemble du référencement du manuscrit, et exprimons notre gratitude à Lisa Council, du NIH/NCCIH, pour son soutien administratif lors de nos réunions en ligne.
ORCID
Carla Stecco : https://orcid.org/0000-0002-8767-4555
Neil D. Theise : https://orcid.org/0000-0002-4048-5140
DÉCLARATION DE CONFLIT D’INTÉRÊTS
Les auteurs n’ont aucun conflit d’intérêt à signaler.
DÉCLARATION DE DISPONIBILITÉ DES DONNÉES
Aucune donnée disponible.
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Comment citer cet article:
Stecco, C., Pratt, R., Nemetz, L.D., Schleip, R., Stecco, A. & Theise, N.D. (2025) Towards a comprehensive definition of the human fascial system. Journal of Anatomy, 246, 1084–1098.
Disponible sur: https://doi.org/10.1111/joa.14212